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mercredi 1 juillet 2015

#LaFourchette, c'est un #Gafa et pas loin d'un #abu cc @Jegoun


J'étais avec @Jegoun en train de philosopher sur les difficultés inhérentes au Numérique Français. Quand ma belle soeur nous racontât qu'elle demande pour toutes les réservations La Fourchette, les coordonnées du client final afin de bien confirmer la dite réservation. Ceci nous semblait l'application d'une bonne procédure du point de vue du restaurateur.

Or, ce matin, en appliquant cette procédure de vérification, voici non pas qu'elle se fait insulter par le client final sous le ton : "Si je passe par la Fourchette, c'est pour ne pas perdre de temps, et là, vous m'en faîtes perdre". En gros, le consumérisme d'un gros con de client final qui se croit tout permis car Môsieur est passé par la Fourchette ! Mais vivement que tous ces consommateurs français offusqués se fassent eux mêmes ubérisés, qu'on rigole un peu ! Derrière la Fourchette, il y a des artisans, Môsieur et Respectez un peu le vrai travail ! Va falloir attendre combien de temps encore pour qu'on réagisse en France, c'est pire que la Lepénisation des esprits, c'est l'uberisation des cerveaux !

vendredi 22 mai 2015

Fantassin Numérique

"Seulement, de nos jours, il y a de moins en moins de techniciens pour le combat à pied. L'esprit fantassin n'existe plus, c'est un tort." 

Pour autant, ll va bien en falloir des fantassins pour mener les batailles de la Transfonum face aux barbares de la SV. L'école ne les forme pas encore. On n'a pas assez de geeks en France. Mal partie cette bataille !

mercredi 15 avril 2015

Cybersécurité : Règle de base

Chers Médias et Autres Journalistes non Transformés numériquement,

Répétez après moi :

"Ne pas afficher ses mots de passe et les diffuser à la Télévision sur France 2 lors d'une heure de Grande Ecoute."


Autrement, cela ne sert à rien d'avoir un firewall, des antivirus, un CSO, peut être des tests d'intrusion sous-traités, des contrats d'hébergement avec des CCTP rigoureux, mais vraiment à rien.

Je crois que c'est à nouveau un signe de difficultés de début de transformation numérique.

vendredi 3 avril 2015

Les étapes fondamentales du déni numérique

Quelles seraient les étapes de la décomposition numérique ? Intrigué et passionné par la lecture de ce post, la question est valable et d'actualité.

Ce d'autant plus que nous vivons une période notable de digital washing en France.

La première étape ne peut être, en mon sens, l'irruption numérique. La première consiste en un aveuglement numérique.


1. L'aveuglement Numérique

Tout se passe comme avant, l'entreprise ne sait pas qu'elle est en train d'approcher de la phase de pillage. Le management excelle dans son business model traditionnel, l'actionnaire s'endort, le RESOP tient la route, les cadres restent arrogants. Pour autant, dans une banlieue lointaine, quelques chevelus testent de nouveaux usages, des académiques rêveurs cassent quelques lignes scientifiques, des start ups naissent et commencent à disrupter tout légèrement des filières. Mais le phénomène reste anodin et une larme dans l'Océan. Personne ne s'inquiète, personne ne s'intéresse.

2. Le réveil arrogant


Non, ce n'est pas une position nouvelle du kamasoutra. C'est une étape où le management d'une entreprise se rend compte que quelque chose a changé. Certes, cela reste éparpillé, désordonné, et agité. Le risque est perçu comme réduit, c'est une question d'appréhension du phénomène. Les executifs rencontrent des start ups. Plus personne ne comprend bien où va le bateau mais les gros restent les gros.

La banque de réseau est aujourd'hui au milieu de cette étape. Tout s'agite autour d'elle, le grand management ne s'en inquiète pas outre mesure. Pour autant, le poison est déjà là. Des entrepreneurs talentueux aidés de CTO non moins talentueux exercent une pression métier en innovant rapidement.


3. Le digital washing

C'est un début de réveil mais avec les mauvais partenaires. Le clairon sonne ! On appelle les consultants et les agences en communication. Ces consultants et agences diverses et variées sont eux mêmes non transformés numériquement. Mais peu importe ! On écoute tout le monde et n'importe qui. Tout le monde dit absolument n'importe quoi. C'est l'ère des acronymes projetés.  Powerpoint est de rigueur, on fait un plan numérique. C'est la reprise de contrôle avec des solutions du moyen âge. On fait des communiqués de presse, on reprend en mains. On fait développer des sites web aux DSI et après on se rend compte qu'ils sont moches.

4. Le réveil technologique

C'est un mauvais réveil comme un lendemain de fête mais mal arrosée. On se rend compte que l'on s'est trompé. La loi de Moore sévissait quand on discutait de la couleur du site web. Il fallait recruter des talents dans des domaines pointus. L'open innovation explose à la vue. C'est clair, il faut se réveiller et enfin penser agilité, user expérience. Tout est remis en cause. Le business model est méchamment attaqué et c'est là, à cette étape, qu'il est encore temps d'investir dans les TECHNOLOGIES.

5. La décomposition

Il suffit de regarder la musique et leurs gourous amoindris. Le cadavre est raide. La peau se décompose. Les vers numériques sont en train de dévorer la filière. Tout devra être ressuscité.

JOYEUSES PAQUES !

lundi 23 mars 2015

Bêtisier de la Transformation Numérique Chapitre 1



Tél un Jegoun perdu dans l'océan des idioties numériques, je suis moi même sollicité de toute part par de soi disant spécialistes de la transformation numérique, dûment sélectionnés, semblerait-il en écoutant leur marketing éhonté.

Je lance donc un bétisier ! C'est décidé.

J'ai reçu ainsi un email de Pamela, commerciale de la société M. On sent la solution CRM B2B avec personnalisation de l'émetteur enfin plutôt de l'émettrice..

Voici le début de l'email.

"Je suis en charge de la recherche M...... qui s’intéresse aux stratégies d'exploitation des données dans les organisations.
La direction informatique et digitale ayant un rôle central sur ces projets, je suis à la recherche de témoignages pour une étude qui fera le point sur :
- les approches des organisations en termes de gestion de données (analytique, infrastructures Hadoop, data management as a service, IOT...)
- mais également sur les fonctions décisionnelles dont les directions IT disposent pour optimiser leurs propres processus métiers."

Dès le début, cet email est mal parti.

Qui a déjà rencontré "une direction informatique et digitale" aujourd'hui dans une entreprise française ?
Les concepts entre parenthèse sont aussi assez éloquents pour légitimer l'email. Parler d'Hadoop tout de suite à côté de DMAS ou IOT... Mais quels rapports entre eux ?

La suite est pas mal aussi. Les Directions IT auraient une stratégie d'exploitation des données pour optimiser leurs propres processus métiers. On ne parle plus de direction digitale mais maintenant d'Information Technology IT et on suppose que s'il y a une stratégie d'exploitation des données dans une DSI, c'est pour optimiser les achats de PC ou le comptage des J/H ?

Mais qui a donc pu rédiger un charabia pareil pour légitimer une étude aussi débile ...

On a du souci à se faire en Transfonum.

lundi 9 mars 2015

Episode Radiophonique Interactif et Numérique à base de twitter cc @Jegoun


Ce matin, coincé dans de sempiternels bouchons, j'écoutais d'une oreille distraite les experts de BFM Radio, animé par @NicolasDoze. Cela m'arrive souvent en oscillant avec Radio Nova.

Une phrase retient d'un coup toute mon attention :  en gros, je ne me souviens plus des propos exacts mais c'était du genre : "La Banque va connaître une transformation digitale encore plus violente que la Presse dans les 5 ans à venir." Je pense alors à mon ami @Jegoun.

Je décide en attendant un feu rouge de twitter la question suivante au journaliste animateur.


La réponse est à la minute 19:30 de ce Podcast.

http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/audio/bfm-0903-les-experts-170420.html

mardi 3 mars 2015

Mieux vaut éviter le digital washing pour réussir sa transformation numérique

Après le green washing, cher aux Lords du corporate, voici venu le petit nouveau digital washing. J'en revendique le copyright et tout le tintouin. Je n'accepterai de le partager qu'avec mon ami Jegoun.


Ceux-là qui tenteront de nous le piquer peuvent d'ores et déjà se préparer à une cinglante déconvenue !


Il est toujours important mais difficile d'évaluer un plan de transformation numérique. Ce n'est pas aisé quand on n'est pas du métier mais certains signes parfois ne trompent pas.



Une transformation numérique se caractérise par :

=> une nouvelle relation aux usagers ou aux clients basée sur de l'ergonomie, de la fluidité et de la nativité digitale, mais aussi du design,
=> une prise de conscience que les processus doivent être revus sur la base des apports multiples des récentes technologies,
=> de l'agilité, hyper rapide avec la capacité donnée à tout le monde de développer. Tous les membres d'une organisation peuvent développer, mais aussi les clients.
=> de la scalabilité par le cloud, pour éviter les limites des hébergements traditionnels et aller également vite,
=> une veille technologique très pointue et le test immédiat des nouvelles technos du moment,
=> des collaborations rapides avec des start ups,
=> des processus collaboratifs internes et externes montrant un esprit coopératif répandu,
=> une autre prise de conscience que des plateformes peuvent apparaître et vous tuer en quelques clicks.

On peut développer cette liste facilement.

En revanche, une machine à laver numérique, elle, peut se détecter aux signes suivants.

=> une importance donnée à la communication sans réel plan d'actions,
=> la mise en place d'un intranet,
=> l'utilisation d'une DSI pour faire du projet numérique, un projet informatique,
=> l'utilisation de technologies dont on parlait dans le rétroviseur, il y a quelques années,
=> aucun souci réel de l'expérience client,
=> un partenariat avec une agence web comme preuve d'un plan d'actions,
=> une wifi qui ne fonctionne pas.

Et il y en a d'autres encore !

A vous de juger !

dimanche 1 mars 2015

La Transfonum du jeu d'Echecs

BBC Click's LJ Rich met MIT researchers from who are trying to turn chess into a spectator sport like American football or poker. The group wants to make the game more accessible to the uninitiated, by presenting complex information on matches in a simple, visually appealing way and give an expert insight into the state of a game.

dimanche 22 février 2015

A Web vision for Education

I had the chance to share and prepare this post with Crispin Weston. Honestly, Crispin has made more than 80 % of the job, but i'm quite proud to have modestly contributed to this vision.

This white paper has been done to convince W3C that Education should be a priority for the Open Web Platform.

I'm not sure we were successfull but this is a little stone to build this vision.

A white paper proposing key ed-tech priorities for the world wide web for the task force being run by W3C, the consortium responsible for the world wide web. 

The paper outlines what we see as the key priorities for the world wide web in the face of an emerging market for digital ed-tech.
The basic premises of the paper were accepted in a call last Friday and over the next two weeks we will be working on a paper to describe in greater detail the specifics of the next steps that we believe need to be taken. This will be intended to form the prospectus for a W3C Community Group, which anyone who is interested in taking this work forwards is invited to join.

The original paper is currently on the W3C wiki page for this group.

The current state of the ed-tech market 

There has been considerable recent interest in the potential of digital technology to transform education. While the OECD’s PISA reports have focused attention on the underperformance of many Western education systems, Massive Open Online Course (MOOC) platforms in the US have held out the prospect of scaling what have previously been regarded as elite courses, to make them accessible to motivated learners across the world.

There are now good reasons to believe that genuinely useful ed-tech is about to emerge. Mobile technology has recently made 1:1 device ratios attainable in the classroom, the cloud has made it easy to acquire and manage new applications, and touch screens have enabled the development of software that is intuitive to use. Recent improvements in HTML allow for the development of richly interactive online learning experiences. The power of modern technology to process big data, already being demonstrated in business environments, has the potential to help manage complex educational processes as well.

Against this background, W3C has convened a working group to consider how it can support these widely anticipated developments—because there is no reliable evidence that useful ed-tech has yet emerged. A 2012 government-funded meta-analysis by the UK’s University of Durham concludes that “the correlational and experimental evidence does not offer a convincing case for the general impact of digital technology on learning outcomes” (page 3).

We suggest that there are three key barriers to the emergence of a dynamic ed-tech market:

- The lack of interoperability of systems and content that would allow different sorts of instructional software to work together in an integrated environment.
- The lack of discoverability of innovative new products. The institutional conservatism of many state-run education systems, which are often resistant to innovation and uncomfortable with the use of data as a management tool.

We believe that W3C is ideally placed to help to remove the first and second of these barriers. It has both the standing and the technical expertise required to create authoritative standards. As the steward of the world wide web, it is closely identified with the benefits of connectivity. The sense of moral purpose often associated with the world wide web gives it the stature required to lead an important initiative for the improvement of global education. At the same time, it will need to work with governments that are prepared to address the institutional conservatism to be found in their own formal education services.

The requirement for ed-tech Education technology is not just about publishing. It is a common aphorism amongst teachers that “we learn by doing”. From this perspective, the role of the teacher is to design instructional activities that are appropriate to a given set of educational objectives, to motivate students to undertake those activities, to provide feedback on their performance, and to manage their progression from one activity to the next.

Digital technology has proved well adapted to managing complex processes and transactions in other businesses. Analytics software has shown that it can make sense of complex datasets. Digital games routinely support the sorts of rich interactivity that education requires at the instructional level. Yet none of these paradigms have been widely implemented in education, which still depends on the uncertain craft of the individual teacher, in a profession which in many subjects faces a chronic undersupply of well-qualified staff.

Most education technology to date has concentrated on the dissemination of information and on assuring the memorisation of such information through simple multiple choice tests. There has been recent interest in the potential of social networking technology, though it is not clear that this will make a significant contribution in schools (K-12), where (in contrast to professional development) students have limited expertise in the subject being studied.

Little has been done to develop education-specific software which: at the instructional level supports purposeful interactivity (both on and off the computer) in a manner analogous to digital games; at the learning management level, controls assignment, the sequencing of activities, reporting, analytics and accreditation. Good data interoperability, especially between the learning management systems and the instructional content, is an essential prerequisite for the successful development of either class of software.

Such interoperability standards do not currently exist. 
If they are not developed soon, it is likely that control of an emerging ed-tech market will be captured by proprietary platforms.

SCORM: a lesson from the past 

The Shareable Content Object Reference Model (SCORM) was a collection of informal standards published by Advanced Distributed Learning (ADL), a unit of the US Department of Defence.

Two significant versions were produced: SCORM 1.2 in 2001 and SCORM 2004. The standard included the following components. Content packaging, a specification developed by IMS Global Learning Consortium (IMS GLC), comprising an aggregation of zipped content.

The compressed folder included an XML manifest file, which provided a “substrate” for other types of metadata (such as LOM and Simple Sequencing).

Learning Object Metadata (LOM).
A metadata format standardised as IEEE 1484.12, containing classification information deemed relevant to education. Computer Managed Instruction (CMI): a data model inherited from the Aviation Industry Computer Based Training Committee (AICC), specifying the runtime data that a Shareable Content Object (SCO) might want to read and write to and from the LMS by which it had been launched.

This included contextual information read from the LMS at launch, and learning outcome data reported back to the LMS at termination.

The SCORM API, a JavaScript API providing the means by which runtime data was passed. Technical metadata, which in the case of SCORM included a single field in the content packaging manifest called ScormType. This could equal either “sco” (meaning the webpage used the CMI runtime) or “asset” (meaning it did not). Simple Sequencing, an IMS GLC specification which allowed the SCOs contained in the package to be adaptively sequenced by the LMS.

SCORM achieved significant global traction in the education world between 2001 and about 2006. After this, interest waned for the following reasons. Legal disputes between ADL and IMS GLC over intellectual property rights restricted the development of the Content Packaging specification.

Developments in browser security rendered the JavaScript API obsolete. Simple Sequencing failed to provide robust, plug-and-play interoperability. The CMI runtime provided no support for multi-player interactions. The CMI runtime data model was not extensible and did not, for example, support the transfer of creative product (such as essays or solutions to problem).

There was no attempt to represent learning objectives (important both for adaptive sequencing and the reporting of learning outcomes) in a manner that were comprehensible outside the context of a particular course. SCORM was frequently specified in government procurements in circumstances which encouraged suppliers to produce the simplest possible implementations, generally avoiding use of the runtime. This undermined the reputation of the SCORM brand.

Recognising that it was not well placed to steward a de facto global ed-tech standard, the US DoD attempted in 2008 to transfer ownership of SCORM to a new non-profit organisation called LETSI.
A conference was held to which over 100 white papers were submitted with proposals for improvements to the specifications. However, the transfer of ownership was prevented by legal challenges by IMS GLC, which owned IP rights in Content Packaging and Simple Sequencing.

The only substantive development to emerge from LETSI’s work was TinCan, also known as the Expererience API (xAPI). Based on a LETSI prototype, this project was subsequently funded by ADL. TinCan updated the SCORM API to provide a modern transport protocol based on Web Services. It includes only a rudimentary data model and does not cover launch, metadata description or the sequencing of content.

Recommendations for action by W3C 

 W3C is well placed to create the “next-generation SCORM” which the LETSI initiative failed to provide in 2008. Such an initiative would address education’s requirement for purposeful activity integrated with analytics and process management. Such an initiative would fall within the scope of the world wide web, so long as this is understood as a vehicle for providing data connectivity and not merely a medium for the distribution of content. Such a service for connectivity must not seek to restrict the type of applications it supports. It must be accessible to desktop and mobile apps as well as to web apps. This should not be seen as problematic because the key to preventing the capture of an emergent ed-tech market by proprietary interests is open runtime data, not necessarily open file formats.

We recommend that such a W3C initiative should adopt the transport mechanism provided by TinCan, adding the following components to complete a viable standards platform for education.

A simple but consistent method of publishing metadata for learning content, supporting both discoverability and the declaration of runtime functionality. A data model description language which will enable supplier communities to specify new data structures in a consistent and extensible manner, allowing for the development of new metadata and runtime data models in a timescale that mirrors product innovation. A new specification for the adaptive sequencing of learning content. A specification for the machine-readable description of learning objectives and curricula.
A machine-readable data handling description language, allowing for the specification of procedures for data protection and privacy.

Such a specification will allow governments and other institutions to produce consent forms, regulatory standards and legislative instruments in ways that software, sold on an international market, can easily understand and support. The precise definition of such procedures would also support an informed public debate on these issues.

Without greater clarity in this area, it is likely that the sharing of educational data will run into serious political obstacles. Taken together, these specifications would form a coherent and viable platform to ensure the interoperability of educational data. Subsequent work could deliver convergence with open content formats, such as EDUPUB or IMS GLC’s Question and Test Interoperability (QTI), which can be supported on a case-by-case basis. When ed-tech achieves significant impact on learning outcomes, the need to ensure equitable access to those technologies will become increasingly urgent. Viable technical solutions to the problem of accessibility will depend on the ability of management systems to pass student preference data to instructional software.
Such a solution will be enabled by the educational data interoperability platform outlined above.

Alongside such technical work, W3C will need to seek partnerships with interested Departments of Education, which will have an important role in encouraging demand within their various jurisdictions for innovative and effective education technology that supports open data standards. 

Crispin Weston & Pierre Danet 17 February 2015

jeudi 19 février 2015

La France cale en numérique

Pour en avoir souvent parlé avec mon ami Nicolas, il y a souvent en France une trop grande confusion entre transformation numérique et projet d'informatisation. La confusion est grave puisqu'elle amène à penser chez certains de nos dirigeants, dans le secteur public comme privé, que nous sommes en cours de transition alors que nous ne sommes qu'en train de dérouler de purs projets informatiques traditionnels, tout à fait respectables par ailleurs, mais qui ne sont juste que des projets informatiques.


Cette étude récente est ainsi assez inquiétante. Une université a conçu un indice digital fondé sur des critères d'offre, de demande, d'infrastructure et d'innovation qui range la France dans la catégorie des pays qui calent, c'est à dire des pays qui ont obtenu déjà un bon score mais ne progressent plus rapidement. Tout le monde a engagé son voyage numérique mais les vitesses sont bien différentes. Les modèles de Singapour, Hong Kong, Israël et d'Estonie sont gagnants, il serait d'ailleurs intéressant de rapprocher les résultats de cet indice avec ceux du PISA.

En quoi consiste donc une transformation numérique ? En quoi diffère-t-elle d'une informatisation ?

Une transformation numérique est d'abord une mutation des relations entre une entreprise, organisation et ses clients, usagers. C'est en général dans le sens d'un rapprochement très fort, par la proximité que permettent les nouveaux usages numériques (Réseaux Sociaux, CRM). L'interface utilisateur, tout du moins sa qualité, est ainsi absolument critique. La relation avec l'individu doit être aisée et extrêmement fluide. C'est aussi valable pour les relations avec des collaborateurs. Un projet informatique peut lui inclure une dimension ergonomique qui n'est pas forcément obligatoire.

Une transformation numérique est aussi fondée sur un usage agile et rapide et une intégration des dernières poussées technologiques (Nodes JS, Meteor, Mongodb,...). Elle va au plus vite, au plus puissant et au plus récent. En revanche, un projet informatique ne va pas se baser forcément sur ce qu'il y a de plus récent mais sur ce qu'il peut y avoir de plus fiable ou de plus sûr. La Transfonum va directement sur des solutions type Cloud, standardisées, sans hésiter sur de l'open source et en privilégiant l'usage. 

La transformation numérique est dans un mode très collaboratif où l'on recherche les expertises internes ou externes le plus efficacement possible. On se met à plusieurs pour régler un problème vite et de manière agile, grands et petits, et en travaillant bien sûr en coopération. Un projet informatique reste un projet, parfois sous-traité, avec des collaborations entre utilisateurs et des développeurs mais selon des méthodologies normées et anciennes. 

Une transformation numérique inclut mécaniquement une refonte de processus. Ce qui n'est pas forcément le cas d'un projet IT, qui peut allègrement reproduire un existant même dans ses dysfonctionnements les plus évidents...

La confusion est fréquente ! Le Digital Washing est en cours (Je revendique l'invention du concept par homothétie avec le Green Washing), ce qui est encore plus inquiétant. Car la tentation de ranger de purs projets IT ou Web en soi disant projets numériques est une tendance du moment notamment en raison des agences de communication car il faut s'agiter. Mais si le Digital Washing est en cours, vu les projets, cela risque de se transformer vite en Digital Bashing pour la France.

Bon titre d'un prochain Post : Evitons le Digital Washing pour éviter le Digital Bashing !

jeudi 12 février 2015

Papyrus numérique cc @hipparkhos


Un prototype du CNAM, Labo Cedric ILJ, sur la base d'une lecture scroll down qui élimine la notion de page. Marrant en termes d'ergonomie.

 Une autre vidéo bien meilleure !

 
Digital Roll Simulator from Clément Pillias on Vimeo.

dimanche 8 février 2015

La transformation numérique provoque-t-elle des Burn outs ?

Hier, je discutais avec une connaissance, cadre d'une grande entreprise en transformation, dont son entourage craint qu'il ne soit en Burn Out.

Je me suis demandé en l'écoutant si certaines entreprises françaises conscientes de leur retard n'avaient pas décuplé de pression sur leurs salariés pour rattraper leur retard.

Il y a au moins trois phénomènes à décrypter ici.

Le premier est celui du déluge numérique qui crée une forme d'addiction pour certains salariés en permanence connectés à leur entreprise. Ce que l'on appelle plus communément les "workalcolhics". Ce phénomène est bien décrit dans cet article du Nouvel Obs , mais il s'agit d'un effet collatéral des outillages digitaux dans une logique de pression des résultats. Il ne s'agit pas d'une conséquence directe de la transformation numérique. Il s'agit plutôt d'un phénomène RH et d'ailleurs souvent confondu négativement avec la transformation numérique.

En écoutant mon interlocuteur, j'avais plutôt l'impression qu'il s'agissait pour lui d'un problème de pertes de repère. Ils se sentent à l'Ouest. En effet, ils ne savent plus dans sa boite ce qui est prioritaire et ce qui ne l'est pas. Ce qui fait qu'on a une sensation de bruit permanent sans vraiment identifier les réelles priorités. Au début d'une transformation numérique, on est effectivement assailli de toute part par des possibilités technos sur tous les domaines. Des hordes de start up vous envahissent, des infos permanentes sur plein de trucs sans importance, des tendances technologiques tout azymut, des tonnes d'emails, des centaines de projets et prototypes possibles.

Si l'entreprise n'offre pas un canevas sélectif de priorisation (Tiens, jolie expression à conserver) pour ses employés, ils peuvent définitivement se perdre.

Le troisième phénomène est lié à la qualité. Le numérique suppose de dégrader et d'aller vite. Or un salarié traditionnel n'est pas prêt à cela. C'est ce qu'on appelle l'agilité dans le domaine, faire du quick and dirty. Je pense que c'est d'ailleurs une solution pour la personne avec laquelle je discutais. Il ne faut pas hésiter à dégrader pour accélérer. Autrement, de toute façon, c'est impossible !

jeudi 5 février 2015

La Tranformation numérique doit suivre le modèle Estonien !

Mon ami, Nicolas, qui est un véritable Go-Giver qui s'ignore, publie des suites de billets fort intéressants sur l'impérieuse transformation numérique.

L'ensemble de ces dialogues, qui ont une certaine influence sur les événements, m'impose de me documenter à toute vitesse, sollicité de toute part, que je suis, sur le sujet.


Et j'ai ainsi découvert le modèle estonien grâce à cet article.

Je ne vais que le citer pour compléter notre réflexion.

"Le premier levier peut paraître étonnant, mais c'est en déployant une conversion numérique par le haut, en formant les décideurs politiques et les hauts-fonctionnaires que l'Estonie a su tirer son épingle du jeu. Des cours de design thinking sont, par exemple, dispensés dans les directions administratives. Le but est de multiplier les initiatives et les sensibilisations auprès des élites pour en faire de « véritables locomotives » de cette transformation."

L'Estonie est devenue ainsi une "start up nation".

Autre facteur : "du fait de son passé l'Estonie a dû faire table rase pour repartir de zéro. Une approche qui a conféré au petit pays de l'Europe du Nord une adaptation très agile et innovante aux technologies numériques."

Exactement ce que je pense et recommande ! C'est dingue ! Vive le modèle Estonien.

lundi 2 février 2015

La déconnexion des Elites cc @jegoun

Sur le sujet qui n'a occupé tout le week end que nous, il faut absolument lire ce livre.

Je suis en plein dans sa lecture et pour le moment, je suis plutôt d'accord.

Par exemple, on peut y lire des citations fort justes comme "l'absence de compétences numériques est une nouvelle forme d'illettrisme" ou "Quand on maîtrise la technologie, on est plus puissant..... cela est vrai depuis la maîtrise du feu".

Juste une première réflexion, je ne limiterai pas ce phénomène qu'à internet. Il n'y a pas que l'Open Web Platform (OWP au sens W3C) qui soit diruptive mais l'ensemble des technologies qui sont issues des progrès de la loi de Gordon Moore. Donc les plateformes d'apps, les bases no SQL, les nouveaux outils de dév (Python, ROR), les Hadoop et consors, les nouveaux hardwares.
Pas seulement http, html, css, xml et consors...
Mais cela ne change rien à l'analyse.

dimanche 1 février 2015

Reste calme, le déluge numérique arrive

@Jegoun a glissé sur le terrain institutionnel alors que l'origine des débats était sur la société. C'est un peu normal, c'est un blogueur politique, qui plus est, de gouvernement.

Ce débat intéresse peu de monde, nous étions deux à en parler. Pourtant, des livres en parlent, notamment celui-ci, tout récemment paru et qui est sur ma table de chevet.

Sur l'aspect institutionnel, j'évacue le débat rapidement en confirmant l'intérêt d'un CNN, forme de Conseil d'Etat du Numérique. Pour une fois qu'un dispositif passe la transition démocratique, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Le gouvernement peut ainsi poser des questions ou écouter des suggestions. D'autre part, il faut un grand ministère du numérique de premier niveau avec plus de moyens comme un lien hiérarchique sur toutes les DSI, une agence technologique comme d'ailleurs c'est fait en Corée du Sud. Il faut aussi réformer les programmes de subventions en arrêtant de subventionner des expérimentations sans fin et en s'orientant enfin vers de l'aide aux écosystèmes sur des produits finis. C'est fondamental.

Il n'en reste pas moins que la France collectivement décroche, peut-être parce que ses élites décrochent ou aussi peut-être parce que l'on reste accroché à nos vieux réflexes. @Jegoun a raison d'alerter !

Internet et le web sont partout, pour les machines à café, pour les tickets restaurants comme pour les djihadistes. Elle a raison, Axelle Lemaire, il faut se réveiller. Il n'y pas qu'internet qui soit partout, il y a aussi les plateformes d'apps autour d'iOS et Androïd. Les 3 plateformes sont incontournables. Il faut peut être aussi en constituer une quatrième pour ne pas dépendre d'autres. Il faut favoriser l'émergence rapide de Clouds Européens aussi.

Maintenant il faut clairement orienter tous nos secteurs économiques vers des innovations de services et de produits ou de process basées sur des technologies numériques dans une optique de rapidité.

Il est temps d'accepter la Loi de Moore qui a été inventée et constatée depuis longtemps déjà. Il suffit de regarder l'évolution numérique du visage de Lara Croft pour le constater. Ce n'est qu'un corollaire !

Il faut aussi accepter cette réalité et définitivement et arrêter de confier des missions numériques à des consultants informatiques, même bien recrutés.  C'est ce qu'on appelle le NEW IT : rapidité, agilité, sclabilité, cloudabilité et on fonce en prenant le lead sur business par la vitesse. La solution est simple et en même temps très compliquée. Vu d'où l'on part, la conduite du changement est significative.

vendredi 30 janvier 2015

Les français décrochent sur le numérique

J'adore la French Tech, toutes les initiatives qui nous permettraient de gagner des parts de marché dans ce nouveau monde.

Mais, j'ai quand même l'impression que les Français décrochent sur le sujet du point de vue des usages. Un post récent m'a interpellé sur le sujet.

Souvent, on s'est caché derrière le fait que les Français étaient des early adopters des technos Apple, par exemple, mais cela ne suffit pas, franchement, cela ne suffit pas.

J'en veux pour preuve une expérience récente. J'ai créé de toutes pièces le Community management de mon club d'échecs avec un blog / site et un compte twitter . Le Club compte 38 membres, représentatifs de la population française. Sur 95 followers du compte twitter, seuls deux sont membres du club !
Le meilleur follower du blog du club, c'est Jegoun. On a un problème quand même ! C'est un honneur que Jegoun soit sur le blog mais il ne joue pas aux échecs. Il le pourrait, c'est une activité de bistrot, mais il ne l'est pas et c'est son choix.

J'ai été aidé par le community manager de la FFE et merci encore ! La Fédération s'organise à ce niveau et c'est tant mueux.

De ce fait, quand je parle à mes colistiers du club, je découvre qu'ils ne comprennent pas et n'ont aucun usage ni du web et des blogs ni de twitter. C'est dommage parce que même pour les Echecs, le web et le numérique apporte beaucoup comme Chess.com.

Le numérique transforme tout en ce début de XXIème siècle. C'est une epalissade mais c'est incroyable, l'impact. Même nos cabinets de conseil sont à la ramasse sur la transformation numérique. Ils sont largués parce qu'eux mêmes ne sont pas transformés. Le gouvernement et les pouvoirs publics en général ne voient que les usages et peu les impacts technologiques. Aucune Plateforme véritablement française ne perce à part, peut-être, Critéo.

On a un souci moyen âgeux ici. Comment avancer ?

lundi 5 janvier 2015

Les experts s'amusent

L'année 2014 a été fatale pour les experts.

Aucun n'a pu prévoir ce qu'il s'est passé et a même prévu le contraire de ce qui est réellement arrivé.

Tant la chute du prix du baril de plus de 50 % que la performance du CAC de -10 % que la baisse des taux d'intérêt à 0,90 % pour un emprunt d'état à 10 ans leur ont totalement échappé.

On peut emprunter en prêt immobilier, ce mois de Janvier 2015, à 2,10 % sans négo sur 10ans, plus précisément pour des travaux immobiliers à 1,35 %. Rendez-vous compte !

C'est bien à une catastrophe généralisée de l'expertise que nous sommes en train d'assister. Mais ceci n'est pas complètement étonnant car l'expertise comme le consulting sont peut être en disruption aussi.

D'abord qui sont bien tous ces experts ? C'est assez frappant de constater qu'ils ne sont que rarement nommés et n'ont jamais de visages. Ils sont interpellés dans un anonymat le plus total, utilisés, mentionnés,  je dirais même instrumentalisés sans que l'on ne sache rien de précis sur eux. Mais qui sont bien tous ces experts auxquels il est tant fait de fois référence ?

Quels sont leurs CV ? Sur quoi repose bien leur expertise ? Sur des diplômes, des expériences ? Sont-ils forcément des universitaires ? Ou sont-ils des professionnels ?

Y-a-t-il un parcours de l'expertise qui soit reconnu au sein des entreprises ou des organisations en général ?

Les experts sans visages parlent souvent et se trompent carrément.

Et même quand ils ont un visage, le résultat peut être étonnant.
J'ai été ainsi frappé par Jean Tirole, tout frais Nobel d'économie, pris au dépourvu au journal de France 2 par la question du présentateur sur ce qu'il faudrait faire pour relancer l'économie française. Cela fait peur l'Etat d'urgence dans lequel se trouve l'Economie Française si même le champion mondial d'économie est désemparé par la question.

Mais c'est aussi un peu normal, car les experts subissent comme d'autres professions des forces d'évolution plutôt disruptives.

Complexité du monde. On est expert de l'état d'un sujet d'il y a 6 mois. On n'est jamais expert du moment présent. Tout va si vite que c'est devenu impossible. C'est surtout pour cela que la plupart des experts disent maintenant des conneries.

A l'inverse, tout le monde est devenu expert. 

L'économie de la connaissance et les outils actuels de recherche documentaire font de n'importe qui un expert sur n'importe quoi.

Cela fait partie d'une tendance d'avoir des experts en tous genres sur tout. Il est tellement facile de se faire une culture rapide d'un sujet.

C'est d'ailleurs même un problème en soi car on écoute aussi plein de kékés qui s'y connaissent s'y peu. En bref, une expertise à la "Bluff your way" domine l'actualité.

La Culture du parapluie. L'aversion au risque est telle qu'il est aussi devenu plaisant et un réflexe d'appeler des experts en tout genre pour se couvrir. Ceci développe mécaniquement l'expertise et surtout son ampleur.

De fait, il est devenu crucial de reconnaître un expert.

Le signe qui ne trompe pas : on reconnaît un bon expert à ce que, lorsqu'il vous répond, on ne comprend plus ce qu'on lui avait demandé. Voilà tout est dit.

mardi 30 décembre 2014

Y-a-t-il réellement une disruption du consulting ? Attention gros Post cc @Jegoun

Attaqué sur mon flanc gauche, la blogroll pendante, je suis bien obligé à m'attaquer au sujet trendy du moment pour renflouer de contenu ce désertique blog en cette fin d'année 2014.

Ils lancent si bien le débat qu'il faut tout d'abord bien écouter cette conférence brillante.



Il est aussi nécessaire de s'imprégner de ce storify fort documenté !

Je me suis fait comme d'habitude piéger en achetant deux des livres cités en espérant trouver le temps à leur nécessaire lecture.

Merci à leurs auteurs et conférenciers !

Rentrons maintenant dans l'analyse du propos.

La thèse est ici grosso modo qu'à l'instar de nombreux autres secteurs dont celui en premier lieu des produits culturels et des médias, mais aussi du luxe, du tourisme et bien d'autres encore, le métier de consultant serait aussi en phase de disruption en quelque sorte de crise de tranformation due en partie aux progrès des technologies numériques.

En d'autres termes, si l'intelligence et l'information tendent à devenir une commodité - d'une part, car il y a de plus en plus de gens éduqués sur terre et d'autre part parce que nous avons Google - il existe une profession qui pense encore que ces deux ressources fondamentales sont rares : les consultants ! Autrefois, voie royale de l'ascension sociale, elle est aujourd'hui cible de toutes les moqueries : qui n'a jamais ri à une blague sur le consultant et ses PowerPoint ? De nombreuses startups attaquent cette opportunité de marché en réduisant le prix du consulting, en transformant ses modes de distribution, en spécialisant et en supprimant les intermédiaires, le consulting est à l'aube d'une transformation majeure dont on voit les prémices en Europe.

Les arguments où il y forcément consensus sont ceux habituels :
 => des progrès exponentiels de la loi de Gordon Moore qui met sous tension tellement de métiers aujourd'hui,
 => des évolutions réglementaires successives qui ont provoqué les transformations violentes et rapides de ces métiers,
 => du fait que les blagues sur les consultants sont toujours aussi poilantes ("Le jeu est le moyen le plus rapide pour se ruiner, les consultants c'est le moyen le plus sûr") comme celles sur les joueurs d'échecs ("Un journaliste interviewe Boris Spassky, fraîchement marié: -Vous préférez avoir une dame de plus sur l'échiquier ou au lit? -Ca dépend de la position...")

On pourrait dire que cette analyse est reproductible à l'infini pour nombre de métiers. Quitte à titiller son éléphantesque éminence, avec une référence échiquéenne encore agaçante, la messe était franchement dite depuis 1997.
Quand Deep Blue, programme conçu par IBM, vainquit Garry Kasparov en 1997, The Economist titra, prémonitoire : "Si votre métier ressemble à celui de joueur d'échecs, changez de métier !"
Le numérique est en train d'automatiser une nouvelle catégorie de tâches jusque-là épargnées: les activités impliquant une capacité à raisonner, à enchaîner une série d'actions logiques. Les formations modernes doivent se concentrer sur la part irréductiblement humaine des métiers.
A ce titre, on peut aussi déjà annoncer l'arrivée des barbares sur de nombreux métiers : les designers, les monteurs, les architectes, les médeçins......L'exercice est en fait assez facile car dû finalement à la grande tendance de l'automation qui va dégommer tellement de jobs.

Mais il y a aussi d'autre tendances qui ont joué et jouent encore sur le consulting et des aspects complémentaires qui pourraient donner un autre visage ou une autre prémonition aux phénomènes en cours.

Le premier est celui de la concentration massive de l'industrie du logiciel qui est devenue si peu créative. Le nombre de solutions progicielles à un domaine se réduit à peau de chagrin. Quand on compare les années 80, 90 à maintenant, c'est affolant. Tout se réduit à deux ou trois solutions possibles  pour de nombreux domaines fonctionnels comme SAP, ORACLE, MICROSOFT ou INFOR ou ADOBE et point à la ligne. Le logiciel propriétaire, autre que tout le camp open, se réduit à des situations quasi monopolistiques ou oligopolistiques pour tellement de domaines. En fait, les grands prédateurs que sont ces sociétés de softwares rachètent vite des solutions pour les concentrer et les unifier. Le domaine le plus emblématique de cette tendance est la comptabilité. En dehors de SAP et d'ORACLE, point de salut.

Ceci a une conséquence sur une uniformisation des processus et une technicisation accrue de ces domaines autour des solutions en question. Les projets ERP ont été ainsi les vaches à lait des grandes années du consulting des années 90 et 2000 ! Quelle gabegie ! Tous les grands groupes, faute d'alternatives, se sont mis à implémenter ces solutions à l'aide d'équipes pléthoriques de consultants intégrateurs. L'industrie du logiciel professionnel a été en quelque sorte une grande alliée des sociétés de conseils. Cette tendance joue toujours en faveur du consulting traditionnel mais reste maintenant plus limitée car le bac à sables des implémentations s'est avec le temps appauvri. Il n'en reste pas moins qu'être un consultant SAP peut être maintenant un métier à vie et est un des rares jobs sur terre où l'on peut envisager l'avenir avec sérénité.

L'autre tendance lourde qui joue aussi est celle des principes de précaution et de l'aversion au risque. Son institutionnalisation dans la Constitution mais aussi son implémentation comme un principe de gouvernance et de comptabilisation ont créé un besoin d'expertise démoniaque. Ceci va de pair d'ailleurs aussi avec la surnormalisation de la société.
C'est pour cela en partie que nous avons besoin de tant d'experts aujourd'hui. Ainsi, à mon sens, mêmes les plateformes comme Clarity bénéficient de cette tendance de besoin d'avis d'experts. Le phénomène est tellement significatif qu'il oblige à tous à se présenter comme expert de plein de trucs ou d'éviter de se présenter comme expert de peur de ne plus pouvoir devenir cadre dirigeant.

Le phénomène s'amplifie car toutes les boites veulent des avis d'experts sur toutes les décisions pour se couvrir et éviter les risques d'erreurs. Une société veut installer un nouveau service logiciel comme Inbox, si facile et si pratique à mettre en place, et PAM, il leur faut un avis d'expert.

Mais ce développement de l'expertise à tout va n'est-il pas finalement un phénomène un peu ridicule ? L'exemple récent le plus frappant est le prix du pétrole.

Aucun expert du monde n'a prévu cette chute du prix du pétrole et tous les experts ont prédit le contraire. Quelle rigolade quand on y pense ! Peut-on même être encore un expert de quelque chose tellement tout devient compliqué ?

On est entouré d'experts qui se trompent tout le temps.

La troisième tendance, proche de la première, est l'abrutisation du consulting et du cadre en général du fait de la powerpointisation de la pensée corporate. Pas la peine de développer, c'est déjà dans de nombreuses littératures. Une seule solution : développer les alternatives.

Mais tout ceci fait-il une disruption ? 

Je pense plutôt que ce secteur va de nouveau connaître une adaptation rapide dans la douleur de ses méthodes et de ses services. Les moyens d'adaptation de ces cohortes de consultants pourraient être ainsi :

=> de faire appel à des expertises internes et externes et d'être capables de faire travailler des ressources plus seniors en collaboration avec leur staff internes. Donc plus d'appel à sous-traitances, plus de coopération et plus de diversifications des profils.

=> d'intégrer de nouveaux services de digital marketing, web SEO et SEM à côté des services traditionnels en favorisant des méthodologies innovantes et rapides,

=> de développer de nouveaux domaines de services que sont l'agilité, le new IT, le cloud et le mock up. Pour cela, il ne suffit pas de rebaptiser des hordes d'intégrateurs en consultants numériques, il faut changer ! Au même titre que les DSI internes devront changer.

=> de se concentrer sur l'innovation, le changement et l'attractivité du sens des missions. Il ne s'agit plus seulement d'implémenter des solutions standards.

=> d'aller vers le risque plutôt que sur le chemin habituel inverse. C'est grâce au risque que l'on créera de la valeur ! Et pour les sociétés de conseil aussi.

Ainsi, la menace d'un airbnb des cerveaux, dans une tendance low cost d'ailleurs aussi, me semble un peu exagérée, à la limite du caricatural. Je me demande même si ce n'est pas le phénomène inverse qui se produit, celui des prémices d'une fin de l'expertise à tout va où tout le monde se prétend expert de quelque chose et qui réclame plutôt maintenant de la distance face à l'expertise. En fait, tout va si vite et est si entrelacé que l'on est expert uniquement de trucs périmés. Les experts de la pétrolette ne sortent plus du bois d'ailleurs, car ils sont bien les premiers précieux ridicules de cette tendance.