mercredi 30 juillet 2014

@Jegoun est un Fourieriste qui s'ignore


Ceci n'est pas le début d'une nouvelle blogowar. Il pourrait même s'agir d'un début de compliment.

La pensée de Charles Fourier (1772-1837) est stimulante par son originalité, ses exagérations, ses extravagances voire par ses contradictions. « Casse-cou utopiste », comme il dit de lui-même, il ne craint pas d’aller à contre-sens des évidences de son époque. Sa dénonciation des « faux prodiges » de la société industrielle, qui enrichit et appauvrit, « donne les éléments du bonheur mais pas le bonheur » le rattache ainsi vigoureusement à ces précurseurs de la décroissance que fait découvrir cette collection. 

Son combat contre les situations de rente, les excès, l'outrance des effets spéculatifs : du jegoun à 100 %. 

Et comment ne pas rapprocher les concepts de Phalanstère et Familistère de la conception Jegounesque de la Blogosphère.

lundi 28 juillet 2014

Dépucelage de blogosphère

J'ai déjeuné dans un restaurant où les tourbillons font leurs effets en nettoyant la qualité de l'air. C'était moche comme quartier mais c'était bon comme nourriture. La carte des vins était étrangement intéressante.

Il est temps de créer un Conseil National de la Blogosphère. Le Président en serait un monument car lui seul tient le choc des années qui passent.

En effet, rien ne va plus au sein de la Blogosphère française.

Cet email va attaquer un peu tout ce monde. Il est temps de dépoussiérer.

Il faut accepter tout d'abord la nouvelle génération et la promouvoir.

Il faut arrêter avec le "politically correct" et commencer à innover pour surprendre.

Il est temps d'aller plus loin et de formaliser des solutions.

Il faut arrêter d'être un espion surtout pendant les #Kdb.

Il faut mettre à jour les pseudos libéraux. Ou plutôt leur appliquer ce qu'ils osent nous seriner, tranquilles dans leur bureau réglementé, à l'abri de la concurrence qu'ils vénèrent. Il serait temps qu'ils ressentent le souffle froid du licenciement dans leurs nuques de bisounours, espèce protégée du quartier de l'avenue Louise, représentant aveugle d'une pseudo élite décervelée.

lundi 21 juillet 2014

10 astuces pour gérer ses mails

Le dernier grand magazine économique français, Challenges, publie un article sur les 10 astuces pour gérer ses mails au quotidien… et pendant ses congés qui me fait réagir sur ce sujet qui m'est cher.

1. Qui a réellement besoin de mon message ? 

Je pense que Challenges oublie qu'on est en France, dans le pays des parapluies de Cherbourg. Jamais, l'email n'est pensé comme cela dans nos vieilles organisations françaises. Il s'agit plutôt de se protéger quand on envoit un email, tout le monde se moque de savoir si le destinataire a vraiment besoin du message, peu importe même. Que cela doive changer, c'est sûr, et on peut rejoindre le magazine sur ce point, mais la réalité est assez lointaine de ce qui reste un simple voeu pieux.

2. Quel est le délai maximal pour répondre ? 

Cette question est assez hallucinante. Personne ne se la pose en France. Je pense qu'il y a mécaniquement une interaction hiérarchique en dessous. Il faut répondre vite aux patrons, par exemple. La règle des 48 heures me paraît hasardeuse notamment en cas de pièces jointes. En général, les emails avec délais contiennent des dossier piégeux en leur sein. Il faut faire gaffe, il faut tout lire, comme les contrats d'assurance.

3. Comment valoriser ce qui est important et/ou urgent ? 

Les outils de messagerie manquent d'options et de finesse à ce niveau. Ce n'est pas juste le drapeau rouge dont nous avons besoin mais de plus de nuances de couleurs et de priorités. L'émetteur est responsable de cette priorisation. Et c'est parfois le problème. Certains gugusses envoient tous leurs emails en rouge. Il faudrait distinguer une priorité pour l'émetteur de celle pour le destinataire, qui serait calculée selon des règles d'origine et de sémantique. Concept à développer.

4. Quand et comment mettre fin à un échange ? 

L'émail est nécessairement malpoli. Il peut vexer notamment en cas de fin rapide et sèche. Il faut faire très attention. Je conseille souvent d'appeler au téléphone au lieu d'envoyer un email. Parfois des discussions se terminent dans le vide, ce n'est pas conclusif.

5. Comment gérer le flux au quotidien? 

Je n'ai jamais vu cette arrivée par le bas, je ne vois autour de moi des arrivées des nouveaux emails que par le haut. C'est étrange ce passage. Sur la distraction, c'est clair, mais ce n'est pas l'email qui est en jeu mais plutôt les smartphones et les réseaux sociaux. C'est un point de perte d'attention important. Le phénomène est général pour les adultes et les enfants.

Ranger ses emails, en revanche, est un très mauvais conseil. Cela ne sert à rien et c'est une perte de temps qui peut de plus vous provoquer une souris elbow.

6. Comment ranger ses mails? 

Le Rangement par sous dossier est une vaste erreur homothétique. Il ne faut pas le recommander. Aucun email ne peut être mono dossier de nos jours. Les emails sont multidensionnels : axe client, axe projet, axe temps, axe thème, axe urgence.

Le bon conseil est d'utiliser les tags en boite de réception puis un rangement final au bout de x mois si nécessaire dans un dossier prévalent. Mais en général on supprime avant.

7. Comment ne pas se laisser envahir? 

La question est dépassée, le problème est là depuis longtemps. Il faut peut être bloquer mais surtout supprimer, supprimer. Il faut aussi s'habituer avec l'idée que l'on vit avec des milliers d'emails non ouverts. Il n'est pas humain de tout pouvoir ouvrir. C'est logique. Il va être difficile de lutter quand on voit l'ampleur des équipements en CRM des entreprises. Cela va être du waterbombing et donc un phénomène croissant.

8. Comment les signer ? 

Rester sobre, le magazine a raison.

 9. Que faire des mails personnels? 

Pas facile, il y a des aspects légaux et juridiques. Il y a beau avoir la mention "Personnel" dans l'intitulé d'un email, je ne suis pas sûr qu'il soit protégé. Ce sujet mériterait un approfondissement juridique.

10. Et pendant mes congés, je fais quoi?

C'est la menace du Burn Out qui incite à indiquer une super réponse automatique OOO et à ne rien consulter pour son bien être. Grande prudence. La déconnection est nécessaire.

Il reste bien d'autres questions.
L'email est-il vraiment un progrès ? Après l'email, quels seront les outils ? Peut-on remplacer par du chat ? Comment fusionner l'email et tous les autres flux ? .....

dimanche 20 juillet 2014

Publicité pour le riz CRAF

-------Interlude--------Tourné dans ma cuisine---------------------------------------------------



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Cela me fait bien rire à chaque fois de contribuer à la renommée mondiale du riz antillais.

jeudi 17 juillet 2014

La Programmation Orientée Objet n'est franchement pas une antiquité


Certains éminents spécialistes et renommés mais sans peur et sans reproche s'évertuent à sonner le glas de l'objet.

Que nenni !

La programmation orientée objet est une technique de programmation célèbre qui existe depuis des années maintenant. De nombreux langages sont basés sur ses principes comme le C++, PHP, Java et Python pour ne citer qu'eux.

Certes, la programmation orientée objet, que nous abrègerons POO, n'est pas le Saint Graal : elle ne va pas améliorer subitement la qualité d'un comme par magie. En revanche, elle va aider le développeur à mieux organiser votre code, à le préparer à de futures évolutions et à rendre certaines portions réutilisables pour gagner en temps et en clarté.

C'est pour cela que les développeurs professionnels l'utilisent dans la plupart de leurs projets.

Mais le débat va plus loin que cela. A l'heure où le Ministre de l'Education Nationale décide d'intégrer l'apprentissage de la programmation aux cours délivrés à nos enfants à l'Ecole Primaire et quand on voit que même les deux programmes expérimentaux les plus avancés dans le domaine que sont Scratch du Medialab ou Etoys sont abstraitement objets, le sujet devient stratégique.

Il faut que nos enfants apprennent à penser objet, c'est à dire abstrait. C'est critique pour que ce pays dégage des capacités d'innovation en matière technologique. L’abstraction en tant que processus qui consiste à représenter des objets qui appartiennent au monde réel dans le monde du programme que l’on écrit consiste essentiellement à extraire des variables pertinentes, attachées aux objets que l’on souhaite manipuler, et à les placer dans un modèle informatique convenable.

Educateurs de France, enseignez l'abstraction, l'objet et l'héritage pour former nos champions de demain.

mercredi 16 juillet 2014

De l'encre électronique pour accompagner un smartphone

J'ai toujours pensé, sans m'être lancé que l'encre électronique qui reste la meilleure technologie pour la lecture et la clémence de l'oeil, pouvait accompagner les tablettes ou smarphones traditionnels.

Les écrans rétro éclairés sont trop fatigants, il faut économiser de l'énergie, plein de bonne raisons pour accompagner les écrans LCD. Un beau projet.

jeudi 3 juillet 2014

Les standards de la création intellectuelle à l’ère du numérique.

Pour une fois que l'on me demande une contribution, j'ai décidé de l'évoquer dans ce blog. En effet, la revue l'ENA hors les murs m'a sollicité un article pour son numéro d'Avril 2014 dont le sujet principal est "Comment le numérique transforme le monde ?".

Très honoré, je dois avouer que ce sujet m'a occupé longuement par tous ses tenants et aboutissants.

Je regrette seulement que cette prestigieuse Revue ne soit pas publiée en mode web.

J'ai aussi été l'auteur de cette photo qui représente paradoxalement un livre incunable lu dans un ipad. Merci à Patrick Vaisson, le meilleur bouquiniste et libraire de Paris.


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L’histoire de l’humanité est en partie celle de sa création intellectuelle. De grandes ruptures l’ont parcourue, du papyrus aux incunables des copistes, de l’imprimerie à la composition numérique. La lecture et l’écriture, en particulier, ont été régulièrement bouleversées. Certains témoignages nous font comprendre la force de l’ampleur de ces bouleversements.

Saint Augustin confessait sa surprise en observant Ambroise de Milan pratiquer la lecture silencieuse.

« Quand il lisait, ses yeux couraient sur les pages dont son esprit perçait le sens ; sa voix et sa langue se reposaient »(1). Une révolution était en cours. La vitesse de lecture augmentait, les impacts cognitifs laissaient présager d’immenses progrès.

Ce témoignage n’est en rien anodin, il nous fait appréhender une des révolutions capitales de la lecture dont l’histoire tend à se confondre avec celle de l’écriture, chacune conditionnée par l’évolution de leurs supports et des standards associés. Un autre bouleversement a été aussi celui, au XVème siècle, de la diffusion libre des idées grâce à l’imprimerie donnant naissance à un nouvel humanisme dont nous sommes encore les enfants. Que dirait un témoin de notre époque si ce n’est que l’avenir n’est plus ce qu’il était ? L’ère numérique commence à peine et de larges évolutions sont déjà en cours.

La loi de Moore nous a fait franchir 1 mètre lors des 20 dernières années et nous fera franchir 999 mètres lors des 20 prochaines et la numérisation associée de nos écrits nous transporte, sans que nous nous en apercevions réellement, dans une autre ère. Ce n’est pas seulement la révolution visuelle d’une lecture sur écran que nous vivons, mais une tornade continue de toute notre création sous de multiples aspects. L’écrit, le texte, les idées sont dorénavant accessibles grâce aux technologies du web. Les standards ouverts, spécifiés essentiellement par le W3C, que sont pour la conservation des contenus, le XML, sa mise en forme, le CSS et en partie l’HTML, ses spécialités, SVG, JPEG, MPEG, MATHML, et d’autres encore sont devenus en si peu de temps les standards de notre connaissance. Même l’ebook, par son format EPUB, n’est qu’une version statique d’une sorte de minisite web réalisé sur la base des mêmes technologies.

L’ebook pour le téléchargement reste le préalable nécessaire à une société géographiquement et tout le temps connectée. L’étape à venir est celle de la lecture et de l’écriture instantanées et connectées. Les réseaux 4G puis 5G et l’extension géographique du Wifi permettront ces connections permanentes. Dans le cas de la création éditoriale, les standards ne sont pas limitatifs, bien au contraire. Ils sont les instruments de nouvelles possibilités. ll ne faut pas sous-estimer l’effet de cette transformation silencieuse sur la façon dont l’humanité pense, ni sur la manière dont elle exprime ses pensées ni même, peut être, sur ce qu’elle pense et crée tout court.

Cette transformation est protéiforme. Essayons de caractériser ses principaux attraits.

L’interactivité entre individus, la venue de l’ « electronic skywriting », testée d’abord par les académiques et scientifiques. En effet, depuis les années 80, un auteur scientifique ne publie plus sans avoir au préalable le retour de ses pairs et lecteurs. La création intellectuelle est devenue collaborative, ce n’est plus un individu vers n individus mais une relation n à n entre des individus sans territoires car le numérique détruit les frontières en unifiant parfois les vocabulaires. C’est vrai pour l’écriture, reste à voir si la lecture deviendra sociale également. Que sera le fait de gloser numériquement ? Notons que même, l’annotation, en tant que note de lecture personnelle ou à partager, pourrait devenir un standard du web (2).

Le rebond, la pensée par les liens sont une seconde illustration de notre révolution. Le lecteur sur écran est nécessairement plus actif que le lecteur sur papier. Le parcours est parfois hasardeux mais l’outillage de recherche est aussi d’une puissance telle que la recherche d’information est d’une facilité extrême. C’est aussi une menace par la perte d’attention qu’elle induit, l’internaute pouvant se perdre et se détourner de sa lecture. Le story telling se renforce alors pour conserver l’attention du lecteur numérique. La narration nouvelle de la littérature adolescente et des séries télévisées sont un bon exemple de la désormais nécessaire immersivité du contenu (3).

La séparation du fond et de la forme est un troisième phénomène de cette révolution. Ainsi, le standard XML offre un format non propriétaire et ouvert assurant l’interopérabilité, la portabilité et l’extensibilité des textes et de leur structure. Tout ceci permet la réutilisation, l’échange, la pérennité et l’indépendance aux médias. C’est une structuration plus forte de la mémoire qui est en cours et qui permettra une recherche et une exploitation encore plus efficaces. L’étape en cours et ultime de cette tendance est la mise en œuvre d’un web sémantique.

Nous vivons depuis la Renaissance sur le paradigme qu’un livre est rendu lisible par une mise en page. Cela semble se terminer. Certes, les premières liseuses électroniques ont reproduit la tournure de page pour ne pas nous perdre et nous donner une expérience de lecture homothétique. C’était une étape nécessaire mais courte. Les technologies du web peuvent enrichir la présentation du texte par les navigateurs. L’Edition est fort justement en première ligne de ces enrichissements grâce à son savoir-faire.

En effet, jusqu’à aujourd’hui pauvre, la lecture sur le web via les navigateurs est en cours d’amélioration. La composition intègre la navigation, c’est le domaine de l’ipagination (4), nouveau et prometteur . Comment croire que le scroll up ou down du navigateur serait un aboutissement ? L’ipagination va être un progrès très significatif de la lecture sur internet. L’expérience de lecture peut aussi se spécialiser, en fonction du segment éditorial. Le secteur de l’Edition assiste en précurseur aux effets de cette métamorphose.

Considérer le numérique comme une nouvelle façon de produire la même chose est une erreur, revient à nier la fécondité digitale, c’est à dire l’apparition de nouveaux genres liés à l’interactivité. Les expériences de ce nouveau domaine sont en général citées sous le vocable de transmedia. La bande dessinée ou le manga numériques sont des illustrations éloquentes de cet aspect. On peut imaginer que la lecture case à case sur planche numérique n’est pas un aboutissement. Alors que la séquence, les effets d’animation sont à la portée des développeurs rendant les frontières plus floues entre la Bande Dessinée et le dessin animé. Le contenu de cuisine se spécialiserait en vidéo, le livre illustré approfondirait l’index, la littérature pourrait se greffer au son, la littérature jeunesse travaillerait l’image, le livre scolaire se fonderait sur le parcours et son évaluation.

Ces standards du contenu sont un tournant et un défi industriels. Issus des rêveurs de la Silicon Valley, maîtrisés par les géants technologiques américains, pilotés par des gouvernances anglo saxonnes, ces standards défient le positionnement global français. Ils imposent l’anglais comme la langue d’échange, après avoir été la langue de la science et celle de l’informatique donc du numérique. Ils ouvrent des possibilités étendues et donc ne sont pas criticables du point de vue de leur effet normalisateur.

Basés sur des technologies web innovantes, ils ouvrent par essence des possibilités fonctionnelles étendues. Ils créent des règles, ils sont la base des classements, notations, évaluations, labellisations. L’exemple des liens entre le standard EDUPUB pour les manuels numériques scolaires et le classement PISA seront sûrement une illustration de cette causalité. Ils sont globaux et tuent toute vélléité de « l’invented here ». C’est un aspect significatif dans la mesure où ils vont être le véhicule des progrès collectifs de l’humanité. Ne pas les adopter, mais ne pas non plus essayer de les influencer, sont deux formes d’abandon.

La globalisation est un fait, peut être une contrainte, les standards technologiques un de ses véhicules incontournables. Ils sont la base de l’innovation tant en tant que tels, mais aussi comme outils de description ou d’exécution des avancées humaines. Ils sont nécessairement coopératifs et ne résistent pas à l’influence. Enfin, comme tant d’autres standards industriels, ils créent de la valeur et de l’emploi tant à l’export que défensivement. Ne pas les adopter, c’est se détourner de la valeur et du progrès du village global. On peut certes se retourner vers notre passé à la recherche de nos standards perdus mais la plongée dans les technologies numériques récentes imposent à la France de renouer avec son passé, celui de retrouver notre modernité.

[1] Les confessions de Saint Augustin Livre VI Chapitre III

 Par Aurelius Augustinus (Hipponensis),Louis Ignace Moreau,Possidius Calamensis
[2] http://www.w3.org/community/openannotation/
[3] The Art of Immersion. Norton. Frank Rose, 2011